Une larme contient un monde, un mot, une tristesse ou une joie.
Elle se fait brillante et dévale une joue que creuse un sourire éclatant, ou coule en flots amers sur un visage en pleurs.
Elle est la goutte d'argent que fait jaillir un rire.
Elle est la confidence d'une tristesse cachée.
Elle se fait flot apaisant lorsque le corps se libère des douleurs accumulées.
Elle est la compagne du solitaire, le diamant au coin de l'oeil d'un vieillard mélancolique.
Elle est ce que nul ne peut acheter ni vendre; elle est une partie de nous qui se dévoile au coin de l'oeil; trahit l'émotion, révèle la tristesse, libère la joie.
Elle est le témoignage d'amour d'un adieu déchirant; l'offrande sincère au musicien esseulé.
Elle est l'ondée qui traverse le visage, se faufile sur les joues ravinées lorsque novembre vient et que l'on fleurit les tombes des défunts.
Parfois elle s'efface au profit d'un sourire, et comme la pluie légère se fait arc-en-ciel dans un ciel ensoleillé, la larme et le rire font le visage transcendé.
Regardez donc une larme: vous la verrez s'iriser, danser et vous raconter ce qu'elle fut, ce qu'elle est.
Elle vous dira, si vous l'écoutez, quelle pensée l'engendra, quel être la reçu.
Elle vous dira, tristesse ou joie, de qui des deux la créa, et la fit rouler, descendre et glisser le long d'un cou d'une joue ou d'yeux affligés.